MIGROS SE LANCE SUR LE MARCHÉ DES PHARMACIES

Dès août 2017, le géant orange commencera d’accueillir dans ses filiales des pharmacies Shop-in-shop gérées par zur Rose.

Voici quelques clés pour mieux comprendre ce que signifie ce changement pour votre officine.

1. Que veut dire Shop-in-shop ?

  • Espace restreint loué à un tiers par un grand magasin
  • Permettre la vente de médicaments dans une Migros

Dans un grand magasin, le Shop-in-shop désigne un espace loué à un distributeur tiers pour y vendre sous sa responsabilité des livres, de la cosmétique, des parfums, de la bijouterie, etc.

En l’occurrence Migros, dans certaines de ses filiales, va louer à zur Rose un espace de 30 ou 50 m2, pour y déposer un container sécurisé dans lequel se trouvera un robot contenant environ 5'000 produits par m2. Le service est assuré par une équipe de pharmacie. L’espace disponible étant restreint, il n’y aura pas ou peu d’exposition des produits ou de libre-service. Par contre le robot délivrera autant de médicaments Rx que d’OTC, avec ou sans ordonnance.

Il y a fort à parier que les clients de zur Rose continueront à passer leurs commandes sur le site de vente en ligne déjà existant et qu’ils iront ensuite au robot de la Migros pour retirer les médicaments commandés.

2. Pourquoi zur Rose choisit la solution Shop-in-shop ?

  • Contraintes légales et suppression des offices de postes
  • Obligation de trouver un nouveau partenaire de distribution

zur Rose est pris entre deux contraintes majeures : d’abord, l’interdiction de vendre sans ordonnance des OTC par correspondance, ensuite, la politique de la Poste de fermer le plus possible d’offices postaux.

Face à cette interdiction et à la menace de la Poste, la seule solution pour zur Rose est de renforcer son site Internet et de lui adjoindre une fonction « Click and Collect » qui invite les clients à ne plus attendre la livraison de leurs médicaments par la Poste mais à venir les retirer eux-mêmes dans des points fixes à la Migros !

3. Dans cette nouvelle distribution officinale, qui gagne quoi ?

  • Nouveaux flux
  • Nouveaux clients
  • Nouvelles alliances

Pour Migros, le Shop-in-shop de zur Rose est un apporteur de flux par sa clientèle déjà acquise donc un revenu supplémentaire. Pour zur Rose, Migros est un environnement marchand conséquent qui va nécessairement lui amener de nouveaux clients.

Avec l’abaissement des coûts d’infrastructure et des frais de fonctionnement de ces shops robotisés, les assurances-maladie vont bénéficier d’un abaissement d’environ 12% des prix de vente des médicaments, elles vont donc être des prescripteurs actifs.

Quant aux clients, ils gagnent surtout du temps, faisant leurs achats d’alimentation et de médicaments dans la même surface de vente.

4. Que signifie l’arrivée du Shop-in-shop pour la vente des médicaments ?

  • Industrialisation de la distribution des médicaments
  • Impact sur les générations connectées et mobiles

Investissements ramenés au minimum, personnel réduit, utilisation maximum de la technologie, gestion des shops et management centralisé, des implantations faciles et rapides, nous voici dans la distribution industrielle des médicaments.Pourquoi ici, pourquoi maintenant ?

D’abord parce que la technologie qui soutient ce projet est disponible, fiable et pas cher. Ensuite, parce que le marché est enfin mûr : les générations « digitales » (XYZ), qui sont nées dans un monde informatisé et connecté, ont aujourd’hui moins de 55 ans et constituent une part de 66% du marché qui ne cesse de grandir.

Pour ces clients commander un produit sur son téléphone et passer le prendre dans un point de vente est un comportement de plus en plus commun, la multiplication des sites « Click and Collect » dans la distribution en témoigne. Les gens ont de plus en plus des comportements nomades, ils vivent en se déplaçant, la distribution doit être à même de les servir là où ils passent.

5. Quel défi pour la pharmacie d’arcade ?

  • Urgence de revoir le modèle économique de l’officine
  • Intégrer les nouveaux comportements de la clientèle
  • Communiquer « connecté »

Avec des coûts d’infrastructure incompressibles et les prochaines baisses programmées des prix des Rx, l’officine indépendante trouve de moins en moins dans la vente de médicaments les revenus suffisants pour couvrir ses coûts. Elle est donc obligée à plus ou moins court terme de revoir son modèle économique.

Pour cela, elle doit développer des nouvelles offres à valeur ajoutée en direction des générations digitales qui représentent aujourd’hui déjà les deux tiers de la population. Face à ce défi, nous avons créé le concept « neofficine », une nouvelle vision pour la pharmacie indépendante.

6. Comment peut s’adapter la pharmacie d’arcade ?

  • Développer des offres de niche
  • Tenir compte des nouvelles conditions du marché
  • Choisir un partenaire fiable et compétent

neofficine repose sur un postulat : toute nouvelle offre de la pharmacie d’arcade doit répondre aux besoins du patient que la distribution industrielle des médicaments ne peut pas satisfaire ou pour lesquels la médecine symptomatique est limitée. Cette réflexion ouvre toute une série de pistes que le pharmacien doit évaluer pour trouver la formule la mieux adaptée à sa pharmacie.

Pour s’adapter aux nouvelles conditions du marché, le pharmacien indépendant bénéficie des trois axes du concept « neofficine » :

  • une méthode pour faire correspondre sa nouvelle offre aux besoins de la génération digitale
  • un concept de communication multicanal pour atteindre la génération digitale
  • un site e-commerce « Click and Collect » pour le service officinal aux clients de la génération digitale